mercredi 7 mars 2012

Enbridge-Pipe Lines Montréal: le projet Trailbreaker abandonné???

Publié le 07 mars 2012 à 11h07 | Mis à jour à 11h07

source web :http://www.cyberpresse.ca/la-voix-de-lest/actualites/201203/07/01-4503316-enbridge-abandonne-trailbreaker.php?utm_categorieinterne=trafficdrivers&utm_contenuinterne=cyberpresse_B4_en-manchette_314_section_POS1

Enbridge abandonne Trailbreaker


La société Enbridge abandonne son projet d'acheminer par... (Photo Archives La Voix de l'Est)

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La société Enbridge abandonne son projet d'acheminer par oléoduc du pétrole brut des sables bitumineux jusqu'à Portland au Maine en passant par Montréal.

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Michel Laliberté

Michel Laliberté
La Voix de l'Est

(Dunham) La société Enbridge abandonne son projet d'acheminer par oléoduc du pétrole brut des sables bitumineux jusqu'à Portland au Maine en passant par Montréal. Le projet connu comme Trailbreaker, qui nécessiterait la construction d'une station de pompage à Dunham, n'est plus considéré, a appris La Voix de l'Est.

C'est le ministre des Ressources naturelles du Canada, Joe Oliver, qui confirme l'abandon du projet dans une lettre adressée au ministre du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs, Pierre Arcand. «Concernant Trailbreaker, le promoteur, Enbridge a indiqué qu'il ne prévoit plus aller de l'avant avec ce projet», peut-on lire dans la missive obtenue par La Voix de l'Est.

Enbridge est une entreprise canado-américaine spécialisée dans le transport de pétrole brut. Elle possède plusieurs oléoducs au Canada et aux États-Unis. Son projet Trailbreaker visait à faire transiter le pétrole extrait des sables bitumineux en Alberta jusqu'à Montréal. De là, le pétrole aurait été exporté sur la côte est des États-Unis, à Portland, notamment.

Dans cette dernière portion, le pétrole brut aurait été transporté par un des oléoducs de Pipe-Lines Montréal, celui de 18 pouces de diamètres, vers les terminaux portuaires de Portland. Pour y arriver, PLM voulait construire une station de pompage à Dunham pour pousser le pétrole brut par-dessus les monts Sutton.

Dans la région, plusieurs citoyens et groupes environnementaux s'opposent au projet d'inverser le sens d'écoulement du pétrole dans l'oléoduc de PLM. Ils craignent que l'opération ne provoque des bris dans l'oléoduc, ce qui causerait des torts irréparables à l'environnement, entre autres aux nappes phréatiques et aux milieux humides. L'oléoduc, font-ils remarquer, a été construit dans les années 50 et ne peut être considéré comme sécuritaire.

Une porte-parole d'Enbridge, Jennifer Varey, a confirmé l'information tard hier soir. «Nous n'allons plus de l'avant avec ce projet», a-t-elle affirmé. L'entreprise, a-t-elle expliqué, se concentre plutôt sur son projet de renversement du sens d'écoulement de son oléoduc entre les villes de Sarnia et de North Wastover en Ontario.

Des audiences publiques de l'Office nationale de l'énergie sont prévues au printemps sur le projet Sarnia-West Wastover.

Le ministre Arcand avait écrit en février à M. Oliver concernant Trailbreaker puisque ce dernier est le ministre responsable de l'ONÉ. M. Arcand lui avait relayé les inquiétudes des résidants où passent les oléoducs de PLM.

Le porte-parole de Pipe-Lines Montréal, Denis Boucher, ignorait qu'Enbridge avait mis son projet au rencart. De toute façon, a-t-il dit, ça ne contrecarre pas les plans de développement de PLM, puisque l'entreprise n'est pas liée au projet Trailbreaker. «Nous n'avons pas d'entente avec Enbridge pour transporter du pétrole», a-t-il indiqué.

M. Boucher a expliqué que le projet de PLM d'inverser le sens d'écoulement dans un de ses oléoducs était seulement au stade exploratoire. Aucune décision n'a été prise, a-t-il dit. Tout dépendra de la demande pour le pétrole et des conditions du marché, selon lui.

La construction d'une station de pompage à Dunham fait partie de cette exploration, a-t-il ajouté. «Ce n'est pas parce qu'on fait faire des plans et devis pour agrandir notre maison qu'on va aller de l'avant, a-t-il dit en guise d'exemple. Ce n'est pas un projet tant qu'on ne dit pas OK, on y va.»

Concernant le revers de PLM devant la Cour du Québec à la mi-février, M. Boucher n'a pas voulu commenter. Les avocats de la compagnie étudient toujours le jugement, a-t-il dit.

PLM tentait de faire infirmer une décision du Tribunal administratif du Québec. Le TAQ avait statué que l'entreprise devait retourner devant la Commission de protection du territoire agricole du Québec pour prouver qu'il n'existait pas un terrain à Dunham en dehors de la zone agricole où elle pourrait construire sa station de pompage.

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